CARTOON SARDINES,THEATRE EN INDE.

Posté le février 12th, 2008 par luki

Les chaussettes sont ôtées, les manches retroussées,
et place est laissée aux moustiques indiens,
avec qui nous lions une amitié spontanée de frères de sang.

Sus à Mousticologne !

Au milieu d'un hall désert, hantés par deux ou trois moustachus endormis, nous croisons un petit groupe de baba-cool hagards ( il y en a encore ), équipés de costumes et accessoires folkloriques; apparemment, nous sommes arrivés.

Première incompréhension, nous en vécumes beaucoup d'autres, ( l'occident et l'orient ne vivent-ils pas en INDE une immense incompréhension ? ), nous attendons les bagages là où ils ne seraient jamais arrivés.

Bref, rapidement ( 1 heure 30 après ) , bagages retouvés, passeports visés, argent changé, nous sortons de l'aéroport et posons les pieds et les yeux sur l'INDE.

C'est la nuit, grouillement de petites voitures noires à toit jaune, des hommes nous aident à porter nos bagages, nous demandent nos origines, notre destination (où sommes nous, qui sommes nous ? ) et de l'argent, des rouppies, des dollars, des francs.......

Des femmes, des filles qui portent des bébés, des vêtements d'un autre monde, d'une autre époque, des yeux noirs perçants, profonds, profondément profonds, et puis un bus du moyen âge nous arrache et nous transporte vers un deuxième avion ( en fait c'était déjà le troisième, nous en prendrons en tout 14 dont 1 qui décollera à l'heure ! ) . Nous atterrissons à CALCUTTA.

CALCUTTA

Jean-Philippe LEBLANC nous attend à la sortie de l'aéroport.

Des hommes attrapent nos bagages.

Le soleil est là, clair, fort, immense et chaud. Des dizaines d'Ambassadors, grosses voitures anglaises des années cinquante ( le rêve des collectionneurs ) semblent nous attendre. Nos bagages sont chargés dans des coffres spacieux et je monte avec le directeur dans un minuscule et inconfortable minibus Toyota !

Nous voilà en route. La vision commence.

Vingt kilomètres d'hommes, de femmes, d'enfants, d'habitations, jusqu'au coeur même de la ville. Huttes, tentes, grottes, tuyaux d'égouts, tout est bondé. Sur les routes, dans les rues, on court, on marche, on roule, dans tous les sens, sans dessus-dessous.

J'ai du mal à bavarder avec le directeur, je suis happé par le spectacle. La misère, le surnombre, sans limite.
Les Klaxons hurlent sans cesse, Shoringee Street, l'artère principale ( quatre Canebières ) , est engorgée, sur dix files, des mêmes Ambassadors, de cars cabossés, de tramways antiques, de camions monstrueux et de bus londoniens décapités, tractés comme des semis. Mille détails, à chaque seconde, enivrent nos sens.

Nous arrivons, non sans grand ébranlement intèrieur, au Great Easten Hôtel, le plus grand hôtel de la ville...... en 1935.
Depuis, cet immeuble colossal semble mimer son opulence déchue. Les portiers sont nombreux et empressés, et les uniformes datent aussi de..... 1935, et les lits, et les draps, et les nappes, les rideaux. On nous déconseille, dès notre arrivée, de boire l'eau des douches, couleur rouille.

Nous restons 5 jours à CALCUTTA. Tout est hallucination de tous les moments. Les sons, les couleurs, les parfums, les odeurs, les lumières, et les gens, les gens, les femmes, les enfants, les sans-bras, les sans-jambes. Et nous, au milieu, avec" Dollar" imprimé sur le front. Tout ça est très fort, violent, troublant et durera un mois. Et ce sera de plus en plus fort, de plus en plus émouvant.

Le lendemain soir de notre arrivée, nous assistons au spectacle de Chandra Leka, chorégraphe indienne. Premier choc artistique. La pureté et la perfection du mouvement, l'éloquence violente des images nous évoquent la condition des indiennes.

Deux jours avant la représentation, nous sommes logés à l'Oberoi Grand, l'hôtel le plux luxueux de CALCUTTA, swiming-pool, A.C, TV... Magistralement reçus par l'Indian Council Cultural Relations qui s'occupe aussi du transport des décors et nous évite ainsi, pendant tout le voyage indien, les nombreux problèmes d'organisation et de communication.
Le théâtre est immense pour nous, 1000 places. Le montage est épique. Nous faisons connaissance avec l'Inde du travail. La veille de la représentation, l'installation des lumières dure 19 heures ! Nos techniciens pratiquent le zen. Enfin le décor est monté, les projecteurs bien en place ( attachés à la ficelle ) , le public est là.

700 Indiens et quelques blancs.

Le spectacle se joue, les acteurs, quand c'est possible, articulent quelques mots en anglais, la régie est acrobatique; près de moi les spectateurs lisent le résumé traduit. Les réactions sont moins nombreuses qu'en France, mais le public applaudit plusieurs fois pendant le spectacle.

A la fin, c'est l'ovation - Le spectacle a marché -

Cramponnés dans le taxi ( Ambassador ! ) qui se rue en klaxonnant jusqu'à la réception, nous savourons notre chance et rêvons de souffler de toutes ces émotions.

Au cours du repas, nous recevons les félicitations très émouvantes de critiques, d'écrivains , de peintres, d'acteurs et de......... diplomates.

Quatre heures du matin, au bord de la piscine. La nuit, à l'hôtel, enfin, nous soufflons.
A partir de là, je vais m'en tenir à ce qui tourne autour du spectacle et de notre voyage " professionnel " ( bien que tous les instants participeront vivement à cette expèrience ) , sinon j'écrirai un guide-roman , certainement avec maladresse. Le reste, les gens, les transports, les rues, les bazars, les marchés, les temples, enrichiront simplement mes souvenirs et combleront mes amis...

MADRAS

Nous sommes reçus à l'aéroport par Jean-Louis GABIN, le directeur adjoint. Il nous emmène au Trident, sorte de Motel de luxe, fenêtres sur voie rapide, tout près de l'aéroport, loin de la ville. Déception.

Il nous propose ( 22 heures ) de diner à l'hôtel, ce que nous nous empressons poliment de refuser, pour choisir plutôt un resto en ville.

Le lendemain, veille de la représentation, donc journée de montage lumière, Eric AUZOUX, le directeur, nous annonce que Chandra LEKA ( la chorégraphe) , jouera le soir même, et que le montage se fera après le spectacle, rapidement nous dit-il, car l'équipe technique assure. En fait, il se terminera à 7 heures du matin, laissant nos techniciens à bout de force et de nerfs.

Nous en profitons pour visiter KALAKCHETRA, école de chant et de danse très réputée en Inde. Deuxième choc artistique. L'ambiance calme et pleine de sérénité de ce lieu magique nous transporte, nous rêvons de passer ici une journée à travailler, mais n'avons pas du tout le temps.

Le soir, conférence de presse très originale et très enrichissante. Une troupe théâtrale de MADRAS joue pour nous des extrait de Don Juan en tamoul. Nous montrons des extraits de notre Malade. Une rencontre passionée a lieu entre les deux équipes. Nous rêvons de travailler une journée ensemble, dans la rue, mais n'avons pas du tout le temps.

La représentation a lieu devant environ 700 personnes ( toujours très grande majorité d'Indiens ), grand succès. L'ancien Président de l'Inde dira même quelques mots aux acteurs en leur offrant les fleurs traditionelles, et Valérie, embarassée par le bouquet, lui serrera ( incident diplomatique ) , la main gauche !!!

Nous sommes applaudis en arrivant à la réception, où intelligentsia et diplomates ne tarissent pas d'éloges sur le spectacle. Toujours très émouvant pour nous.
J'ai moi-même diné à la table des parents de Nirupama Nityanandan, comédienne au théâtre du Soleil, que j'admire.

Nous nous rendons compte ce soir là, à quel point le thème de la pièce de Molière, "le mariage arrangé ", est de circonstance en Inde, ce qui contribue encore plus au succès de cette tournée.

Le lendemain matin, nous repartons en bus. Nous sortons, enfin des villes, et traversons les campagnes. Après quelques heures ( 6 ou 7 ) de route, un bain rafraichissant et mérité, nous arrivons, fourbus, à PONDICHERY. Nous dinons d'un menu français, au restaurant français de l'alliance française et allons nous coucher à l'Ashok hôtel, hôtel de luxe indien ( il y a luxe, et luxe indien ) à 20 kilomètres de la ville, heureusement situé sur une grande plage.

Le matin, le chant des pêcheurs qui tirent les filets nous réveille.

Le théâtre est un cinéma, 600 fauteuils déglingués, salle étroite et très longue. Nous est livré la moitié du matèriel promis, mais nos techniciens, fatigués ( ils n'auront pas un seul jour de repos de toute la tournée ) , se débrouillent. Le théâtre n'est pas conditionné, les fans font voler les costumes ( c'est très joli ), mais ne peuvent pas rafraichir les acteurs qui suent à grosse gouttes.

Le public est largement français. Succès plus coincé.

Le lendemain matin, nous repartons en bus pour MADRAS, où nous prenons l'avion pour POONA. La journée est passée.

La chaleur est désertique. Dominique FOSSARD, le directeur, très sympathique, comme tous les directeurs d'alliance, remplit lui même la fonction de chauffeur, il n'a pas la chance d'avoir l'ICCR ! Nous visitons l'Ashram d'OSHOW, lieu de rencart international, ouvert seulement aux séronégatifs confirmés. A vomir.

Puis, nous sommes invités par BKS IYENGAR, grand maitre de Yoga, agé de 75 ans, à assister à l'un de ses cours . Confinés dans un petit escalier, transpirant et mangés par les moustiques, nous passons deux heures et demi fascinantes, à regarder et à écouter un enseignement intransigent et profond sur la relation à son corps, ses limites, son sens, à son âme et leurs rapports à la vie quotidienne.Nous rêvons de travailler une journée dans ce centre, mais n'avons pas du tout le temps.

Le Spectacle se joue dans une belle salle toute neuve mais la scène est trop courte et notre piste dépasse d'un mètre sur l'avant. Le matèriel technique, de plus en plus réduit, date environ du 12 ème siècle, et dans la régie, ce soir, règne une gaieté débridée.

La représentation, comme chaque représentation, est magique.

Environ 300 personnes, quelques français, grand succès, nous sommes attendus et applaudis à la réception.( Entre temps, le camion transportant nos décors est tombé dans le caniveau et après de longs efforts inutiles, nous laissons les pauvres indiens à leur camion et à leur caniveau). Nous faisons la connaissance ce soir là, d'un ancien pasteur français marié à une indienne et travaillant avec des comédiens amateurs, qui jouent des spectacles de rue. Il nous proposent de présenter le Malade dans un village et dans des conditions plus que précaires. Passionant, mais nous refusons car n'avons pas du tout le temps.

Le lendemain, nous décollons pour BOMBAY

Nous sommes accueillis par le très sympathique Alain MICHEL et nous descendons à l'OBEROI TOWER où nous croisons une fois de plus, les 25 danseurs de Nelken ( le spectacle de PINA BAUCH en tournée indienne ) qui repartent pour Frankfort.

En Inde, 25 Allemands passent encore moins inaperçus que 6 Marseillais !

Nous sommes déçus de ne pas avoir eu le temps d'assister à ce spectacle.
Nous assistons à une cérémonie dans un temple d'une beauté et d'un kitch renversants, où les statues polychromes des dieux règnent dans de précieux salons dorés; prières, mantras, chants et musique ( repris par un ampli qui sature ). Nous sommes une fois encore dans un rêve.

Le soir, nous jouons devant 350 personnes, grand succès.

Le lendemain, une journée de voyage et arrivons à AMHENABAD.

C'est le plus bel accueil, quatre délicieuses et jeunes indiennes nous offrent un bouquet à chacun, et nous charment de leur français coloré.

La chaleur est pesante, entre 43 et 45 degrés....... à l'ombre.

Le directeur, Pascal CHAZOT et son assistante indienne Enju, aussi belle que les premières, nous rejoignent à l'hôtel et nous partons tous pour le lieu. Une salle d'université en gradins, entourée de balcons, hantée par la poussière des ans. Auncun matèriel de théâtre dans la ville. Les Indiens confectionnent des perches en bambou, tressent des cordes, et dénichent une quinzaine de projecteurs de cinéma. L'installation est une fois de plus, épique, nos techniciens devenus maîtres de zen, sont de plus en plus inventifs et transforment ce lieu en théâtre.
Notre piste est flanquée à même le sol, ceinte de 40 minis bougies. Au lointain, la scène trop réduite, nous sert de loge, éclairée par une guirlande électrique, et les acteurs se maquillent à vue tout au long de l'entrée des spectateurs.

Le jour précédent, accompagnés de nos princesses, nous visitons l'Ashram de GANDHI ( bouleversant ! ) , puis nous sommes invités à des démonstrations de danses dans les deux plus grandes ( et concurrentes ) écoles de la ville, le soir nous assistons à un spectacle de marionettes. Cette ville nous a conquis.

Après la représentation, les maitres de ces écoles nous félicitent expressement, ainsi que des auteurs, des metteurs en scène, des acteurs et des journalistes. L'émotion est forte.

Les écoles nous invitent à revenir, nous proposent des échanges de travail. Pascal CHAZOT trouve le projet passionant et offre de nous héberger un mois en résidence de création. Le rêve continue.

Nous quittons à grand regret cette ville fabuleuse, pour DELHI.

Après une nouvelle journée de voyage, nous sommes accueillis par le très sympathique Fréderic LABASTIE, directeur de l'alliance.

Toujours secondés par l'ICCR, l'installation technique se passe du mieux possible et notre dernière représentation est encore une fois très bien accueillie; et c'est sans doute la meilleure.

Durant tout le séjour, nous avons, dans chaque ville, retravaillé les scènes du spectacle, pour le rendre le plus intelligible possible à un public non francophone. Les prologues et intermèdes, passages où les acteurs parlent d'eux-mêmes au spectateur, sont maintenant entièrement traduits en anglais, et les acteurs ont dépassé les difficultés que posent le jeu dans une langue étrangère. De plus l'esprit " théâtre de tréteaux " de notre adaptation de la pièce de Molière, est de plus en plus exploité. Théâtre très visuel où il n'est pas indispensable de comprendre ou d'entendre le texte. Au 17ème siècle, sur les places où étaient jouées ces farces, les spectateurs se tenaient parfois très loin de la scène et les acteurs ( comme nous dans cette situation d'incompréhension ) étaient obligés d'être très visuels, tournés constament face au public et gestuellement très démonstratifs, explicatifs. Et en fin de tournée, nous comprenons et maitrisons de mieux en mieux ce style de théâtre qui nous est proche.

Nous nous souvenons de notre expèrience balinaise, où nous avions improvisé dans la rue, pendant 1 heure trente, au milieu de 200 Balinais ravis et hilares. Et c'est dans ces moments que nous ressentons avec émotion la richesse de cette expèrience, où nous puisons au plus profond de nos propres traditions pour communiquer avec d'autres hommes . Et où nous nous apercevons curieusement que leur propres traditions d'expression "théâtrale "ne nous sont pas si étrangères.Où le théâtre trouve tout de suite un langage clair et permet un échange immédiat là où la langue est un obstacle.

Le soir, réception somptueuse donnée par Luce RUDENT, déléguée générale de l'alliance française en Inde, nombreuses félicitations. Notre voyage en Inde a été pour nous et pour les structures, malgré l'apréhension d'un premier spectacle en français, une expérience réussie et richissime.

Dernier contact indien, RAHUL VOHRA, comédien, metteur en scène et " agent " d'artistes de rue traditionnels, invité par Ariane Mnouchkine pour 2 soirées de l'Inde à la Cartoucherie et par La Vilette à Paris au mois de Mai, où nous devons nous retrouver.

Le lendemain nous décollons pour le PAKISTAN.

A 19 heures, Escale à LAHORE, où nos bagages ( plus nombreux ) et nos caisses de décors sont déchargés pour être visés par la douane. Nous devons rester une demie-heure et réembarquer pour ISLAMABAD.

A une heure du matin, nous sommes toujours bloqués à l'aéroport de LAHORE et nous avons raté les deux avions successifs pour ISLAMABAD. Nos caisses ont été entièrement vidées et exposées dans le hall, nous rendons la circulation des " porters " pakistanais et de leurs chariots très compliquée et malgré des efforts dignes des meilleurs clowns-maitres zen, les douaniers restaient indéridables et têtus. L'un de nous dort sur une caisse, deux autres jouent aux cartes avec des Pakistanais, un autre lit, un autre continue à parlementer.L'incongruité et la cocasserie de toute cette aventure ne suffisent plus à effacer notre lassitude, l'immense fatigue de ce voyage sans repos. Enfin, la direction de l'aéroport nous annonce que tout est réglé, que nous prendrons le prochain vol... le lendemain à sept heures, et qu'ils nous offrent l'hôtel à LAHORE, via le bus.

Au restaurant de l'hôtel, nous sommes affamés, il est deux heures. Nous passons la commande en nous lèchant les babines( sauf nos deux végétariens, les menus pakistanais ne sont pas les menus indiens ) . A trois heures 30, nous sommes servis, avalons tout en vitesse, le lendemain le réveil est à 5 heures. Dernière histoire avant le coucher. L'Aéroport n'avait pas précisé qu'il prendrait l'eau minérale à sa charge ! Nous devons le faire (4 bouteilles, environ 3.80 francs ), mais nous n'avons pas d'argent pakistanais. Longues parlementations inutiles. Un billet de 50 dollars nous permettra enfin un repos bien mérité !

Nous sommes accuellis à ISLAMABAD par les très sympathiques Christine et Maurice LEVEQUE. Nous nous installons très rapidement car le matèriel technique est plus que jamais discret. Nous étions avertis ( c'est le seul lieu à nous avoir renvoyé une fiche technique ). Tout est prêt en trois heures.

Nous passons le reste de la journée à sombrer au fond de nos lits d'hôtel. Le soir nous sommes invités à un diner chic chez Monsieur le délégué général des alliances du PAKISTAN, mais nos hôtes et leurs invités n'ayant pas vu notre travail, les contacts restent " de circonstance " . Il est évident que les rencontres les plus riches sont nées après les représentations. Nous avions, à partir de notre spectacle, de nombreux échanges passionants et passionnels.

La représentation est très bonne et les expressions d'admiration et de remerciements ne manquent pas.
La nuit se passe, envol pour KARACHI.

Nous sommes accueillis par le très sympathique Fabien et son directeur. On nous annonce que le matèriel n'est pas encore loué et que l'installation ne peut se faire que le soir, après une conférence. Nous sommes déçus et mécontents. Le directeur est surpris de nos besoins et de nos exigences...

Nous arrivons dans la salle, une dizaine de projecteurs sont implantés ( à vie ), on ne peut les déplacer et le réglage relève de l'acrobatie de haut-vol. Après de longues et fastidieuses recherches, nous apprenons que nous n'en aurons pas d'autres ! Nous apprenons aussi que nos caisses ne pourront pas repartir, car les douaniers de LAHORE ne nous ont pas délivré de certificat d'entrée. Notre régisseur passera un temps infini, certificat d'ambassade au poing, accompagné d'Amjad, secrétaire très efficace de l'alliance, d'un bureau à l'autre de l'aéroport, pour soutirer les 14 signatures, les 14 cachets, et après avoir remercié " concrètement " les 14 employés des douanes de KARACHI ! Nous sommes exténués de tous ces problèmes et la représentation n'est pas la meilleure.

Malgré tout, le public peu nombreux est conquis.

Le soir, Monsieur le directeur nous invite gentiment au resto de l'hôtel.

Nos techniciens sont ivres de fatigue.

La tournée est terminée.

Une journée de liberté avant le vol sur Paris, nous en profitons pour nous écrouler dans un cabanon, ( pardon ) un bungalow isolé au bord d'une grande plage. Nous faisons du chameau, du cheval et du serpent charmé. A quatre heures du matin, brulés de soleil et rouges comme des tomates, nous nous présentons à l'aéroport.

Un jour après, nous sommes à Marseille,

Il pleut.

Merci à toutes les alliances françaises, qui, nous le pensons, ont fait de leur mieux pour nous recevoir dans les conditions les meilleures, Madame Luce RUDENT, tous nos précieux et patients amis de l'AFAA et encore tous ceux, Indiens et Français qui ont fait que cette aventure se vive

Sardines, Passion et Dérision.


Philippe CAR